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jeudi 25 novembre 2010

lundi 25 octobre 2010

Château de la Faye


Le Château de la Faye est un monument privé inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Il doit son nom à la rivière qu'il domine et a probablement été construit à cet endroit pour défendre la vallée. Quand on regarde sur une carte, on trouve en effet dans le même prolongement le château de Mauzun, puis celui de Montmorin. 

Historique.

Datant du début du XIII° siècle (probablement vers 1240), ancienne maison forte, le château de la Faye dut être élevé peu de temps après la guerre féodale ayant opposé les Damas de Couzan en Forez aux Meymont d'Olliergues d'Auvergne (objet d'un traité de paix rédigé vers 1195 pour surveiller la vallée de la rivière de Giroux dite de la Faye, affluent de la Dore). Il a connu bien des aménagements destinés à sa sauvegarde face aux dangers des guerres de toute sortes et à toutes époques. C'est de la fin de la guerre de cent ans que date entre autres parties la grande tour ronde à mâchicoulis, le donjon, qui porte les armes des BOULIERS (une croix ancrée) qui avaient succédé aux premiers possesseurs connus : les MONTREVEL DE LA FAYE. D'autres aménagements plus tardifs lors des guerres de religions se retrouvent sous la forme de larges ouvertures pour grosses armes à feu. L'édifice pouvait alors sembler assez sûr pour qu'Yves de CALARD, abbé de Montpeyroux, frère du seigneur de la Faye, y fasse transférer les archives de son monastère.

Parmi les figures les plus marquantes de ses possesseurs successifs, il convient de mettre en avant Guillaume de MONTREVEL, sans doute élevé et instruit à l'abbaye voisine de Thiers où son oncle maternel était abbé, dit l'Hermite de la Faye, surnom ironique pour un incessant voyageur. Alors que ses prédécesseurs avaient connu une existence assez modeste, sans grandes alliances, sans grands revenus liés à des charges importantes auprès de grands seigneurs voisins, celui-ci n'hésita pas après s'être fait remarquer en Europe du Nord lors de la croisade des chevaliers Teutoniques en Prusse, à se mettre au service du Duc de Bourbon, Comte du pays de Foy tout voisin. Présent aux batailles de Rosebecque, de Verneuil, à la chevauchée de Bourbourg, il devint par sa vaillance mais aussi grâce à son expérience et ses avis judicieux, conseiller et chambellan du Duc. plan du châteauIntroduit de ce fait à la Cour, gagnant la confiance royale, il devint d'abord chambellan du frère du roi, le Duc de Berry, puis conseiller et chambellan du roi lui-même, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes et gouverneur du Dauphin. On le vit assiégeant le palais des papes d'Avignon puis, talentueux diplomate, à Chypre, en Aragon, en Angleterre. Ses deux fils qui partagèrent réellement sa vie et ses voyages périrent malheureusement à Azincourt. Avant de décéder en décembre 1413, il agrandit la vieille maison forte et construisit notamment la tour Nord-Est, remarquablement percée de trois canonnières, les premières en Auvergne à cette époque. Une de ses deux filles épousa Guillaume BOULIER DU CHARRIOL et lui apporta avec d'autres terres que Guillaume de MONTREVEL avait acquises, la seigneurie de la Faye.

Les BOULIER étaient de petits vassaux de Thiers dont l'un d'eux édifia entr'autres choses le couronnement de mâchicoulis de la grande tour sud-est. Ceux-ci, faute d'héritier, laissèrent par donation la Faye à leur parent CALARD de FRISSONET, de Viverols. 

Un autre personnage haut en couleur fut Jean BOULIER. D'un caractère assez particulier, procédurier semble-t-il à l'extrême, il fut débouté à plusieurs reprises de ses appels au Parlement de Paris. Il fut même poursuivi pour le meurtre d'un sergent royal… et finalement absout faute de preuves patentes. Antoine de CALARD, d'une famille originaire du Val d'Ance, héritière de la quenouille des Bouliers, fonda le couvent des capucins de Thiers. Christophe de CALARD réaménagea certaines parties intérieures du château et prolongea la partie de la galerie située sur les écuries en l'ouvrant par de larges baies cintrées sur la perspective de la Limagne et des Monts Dore. Sa brillante conduite militaire -il repris notamment la ville de Mende aux Huguenots du capitaine Merle- lui valut de grands honneurs et quelques revenus financiers dont dû bénéficier le Château de la Faye. 

Les CALARD tombés en quenouille léguèrent la Faye aux TALLARU-CHALMAZEL qui la vendirent à dame Françoise SIMIANE de MOUCHA, veuve du puissant seigneur de BRULART, comte de RONURES. Elle la céda le 23 août 1703 à Jean-Alexis de PROVENCHERES. On retrouve les premiers PROVENCHERES à Augerolles autour de 1500. Ils ont toujours fait souche dans cette commune. Ils s'y sont installés après que Paul de PROVENCHERES ait fait fortune dans le commerce du bois. Jean-Alexis avait une très grosse fortune, était propriétaire d'un hôtel particulier au n° 23 du Fg St Honoré et également propriétaire, avec son frère, des Quais de la Rapée où les bois et le charbon arrivaient par flottage par la rivière Allier en venant de Brassac. Un monsieur Gireaudet était chargé de gérer ses affaires ; celui-ci est devenu par la suite le gendre de Bertrand de PROVENCHERES (celui qui fit construire le château des GRIMARDIES). Le château et les droits de seigneurie ayant été acquis conjointement avec son beau-frère, Pierre de la BROSSE, ils étaient de ce fait co-seigneurs (tous les deux avaient épousé des demoiselles de LA CHAPELLE dont le père était maître ébéniste au Fbg St Antoine à Paris). La famille de PROVENCHERES possède donc La Faye depuis trois siècles.

Tous, du sage et valeureux Guillaume au turbulent Jean BOULIER ne manquèrent pas de gratifier églises et couvents. La modeste chapelle du château de la Faye, dédiée à Sainte Marguerite fut elle-même bien dotée et, jusqu'à la révolution, un office journalier y était célébré.

Le château de la Faye faillit disparaître en 1792 lorsque les administrateurs du district de Thiers ordonnèrent sa démolition, le propriétaire étant émigré. Son éloignement qui rendait aléatoire la vente des matériaux qui auraient pu en être extraits le sauva. Le château a probablement été habité jusqu'à la Révolution Française par la famille de PROVENCHERES puis par des fermiers jusqu'à la fin du dix neuvième siècle. La maison de ferme, bâtie avec des pierres du château date approximativement de cette période. Elle fut elle-même abandonnée vers le milieu du vingtième siècle.

Le château de La Faye appartient depuis 2001 à Claire-Marie de PROVENCHERES, épouse d'ORANGE. 

Restauration.

De ce premier poste militaire, subsistent la tour porte rectangulaire (englobée plus tard dans la chapelle dont elle constitue une partie de la nef par sa voûte en plein cintre) où les chaînages d'angles et les traces d'huisserie demeurent visibles ainsi qu'une archère et une tour ronde pleine.

Le château a été très remanié à la Renaissance. Il possédait de très belles fenêtres renaissance. Mais dans les années 1970, le père de monsieur Charles de PROVENCHERES qui n'avait pas le souci de ce château a permis à un habitant de la région de prendre toutes les pierres qu'il voulait pour restaurer sa gentillhommière. Les encadrements renaissance des fenêtres et des portes furent donc prélevés. Cela eut pour conséquence de faire effondrer les murs ainsi que la toiture (une partie du château était encore habitée début 1900). Après que le toit se soit effondré la dégradation fut rapide, beaucoup de personnes s'en servant comme carrière.
donjon et tour pleine

Lorsqu'au début des années 1990 Charles de PROVENCHERES (père de l'actuelle propriétaire) entreprend les premières restaurations, cela fait donc deux cents ans que le château tombe peu à peu en ruines et la végétation a complètement envahi les ruines du vieux monument.

Après expertise de l'architecte des Bâtiments de France, il apparaît que certains travaux doivent être réalisés en priorité pour consolider l'existant.

  * Le donjon : il a été restauré il y a environ 12 ans. La partie nord était effondrée juste en dessous des mâchicoulis. Ils ont été remonté (certains ont dû être retaillés) et une dalle a été posée pour mettre hors d'eau. Dans le donjon, on compte trois niveaux plus la terrasse. A l'intérieur, les pièces sont carrées. Un blason avec une croix ancrée se trouve sur les mâchicoulis et sont les armoiries du premier propriétaire. 

A l'intérieur de la première salle se trouvait une cheminée dont les pierres et le linteau sont effondrés du fait d'une tentative de vol.

Les travaux prévus sont la reconstruction des deux paliers intermédiaires et l'installation d'un escalier droit intérieur en bois. Ainsi, le donjon pourrait alors être ouvert à la visite.

  * Tour renaissance : La petite tour appelée aussi tour "renaissance" a été restaurée à la même époque que le donjon ; ses mâchicoulis n'ont pas pu être reposés car ils ont été volés, mais elle a été restaurée jusqu'à sa hauteur initiale. Une dalle la protège également de l'eau.

Elle fut aussi victime de vandalisme car toutes les dalles de la pièce du bas furent volées. De même, il y avait une cheminée dont le linteau en granit et le montant droit de la cheminée faisaient bloc avec le montant droit de la porte. Celle-ci fut volée il y a une vingtaine d'années, entraînant, de part la façon dont elle était construite, dégradation de la partie cheminée et porte. Elle possède un plafond voûté et des meurtrières. Un M est gravé au dessus de la porte (famille MOUCHA).

  * La chapelle : la restauration de la chapelle est prioritaire. C'est une des rares "pièces" encore debout de l'édifice. Cette chapelle a été construite dans une tour carrée, ancienne entrée principale du château, et partie la plus ancienne des bâtiments. Elle fera, dès mars 2004, l'objet de la première campagne de restauration menée par les nouveaux propriétaires pour une durée d'environ trois mois. Sa voûte s'est effondrée quand les ogives de la porte d'entrée furent volées.

Les travaux à entreprendre sont importants. Il faudra d'abord rebâtir la charpente et le toît pour imperméabiliser les murs. Ensuite, tout devra se faire par des échaffaudage sextérieurs car l'accès intérieur ne permet pas une circulation de chantier : dégagement des éboulis, reprise des pieds de voûte, de la voûte, des gisants, etc... (N.B. : en mai 2004, ces travaux de restauration de la chapelle sont déjà bien avancés et devraient se terminer en juillet 2004).

Près de la chapelle se trouvent des bâtiments dont les salles sont effondrées. Un escalier extérieur permettait d'accéder à l'intérieur de la tour aux différents étages (l'Architecte des Bâtiments de France souligne que c'était quelque chose d'assez exceptionnel) ; il permettait aussi de monter sur le chemin de ronde. Dans le bas sur la droite, se trouvaient les cuisines.

  * Le four à pain : il devrait être restauré dans le cadre du petit patrimoine.

  * Le corps de logis : il a probablement été rajouté par la suite car, initialement, le château partait du donjon vers la chapelle où se trouvait la porte d'entrée, allait à la tour pleine, continuait vers une tour, puis une autre et enfin à la tour renaissance fermant ainsi l'enceinte. L'intérieur n'était pas très grand. Sur la façade du corps de logis dominant la vallée, les murs étaient troués de quatre arcades accolées de piliers ; les chapiteaux de ces piliers étaient creux sur trois faces (sur les côtés et le devant) : on y posait des lampes à huile pour éclairer la pièce. Ces arcades ont été volées il y a une trentaine d'années. On n'a pas cuisine et four à painpu les récupérer mais des photos existent qui permettront de les reconstruire à l'identique. Au-dessus du rez-de- chaussée, il y avait une grande salle avec des fenêtres à meneaux qui ont été bouchées car à partir de 1820 environ cette partie a été transformée en bâtiment de ferme (25 hectares de terrain qui n'étaient pas boisés comme actuellement). On y mettait du foin ; en dessous se trouvaient les charrettes. La reconstruction est prévue à l'identique.

Le château était entouré de douves sèches mais au bas des arcades se trouvaient des terrasses (dont on a retrouvé trace des murets). Il est donc prévu de dégager tous les arbres sur ces terrasses de manière à remettre l'environnement à peu près à l'identique. De la pelouse y sera plantée. 

  * Tour sud-ouest : elle a été consolidée il y a une dizaine d'années.

Depuis qu'elle s'est attaqué à la restauration du monument, la famille de PROVENCHERES a remis en état le donjon, la tour renaissance, la tour pleine et ce qui reste de la tour sud-ouest.

Dans les travaux à prévoir rapidement il faut compter : le déboisement prévu à l'automne 2003, le débrousaillage desbaie de la grande salle abords et de l'intérieur du château, la consolidation des parties sensibles (corps de logis et chapelle de façon à pouvoir y faire ensuite des travaux plus importants). Dans un deuxième temps, il y aura la reconstruction de certaines parties comme le corps de logis et la chapelle. Ensuite, il y aura un gros travail pour rechercher à l'intérieur du château les bases des fondations.

S'il est actuellement difficile de retrouver précisément toutes les pièces du château tel que les décrit un inventaire après décès de 1606, de la chambre de l'Horloge à celle des Endormis, les restaurations entreprises permettent de sauvegarder un bel ensemble où des fouilles méthodiques, des dégagements et des consolidations ultérieures rendront possible une résurrection de cette demeure si particulière par son architecture et son histoire. C'est ce à quoi s'attachent Claire-Marie d'ORANGE et son époux aidés par une association : la FAYEssociation. Leur but est de sauvegarder et restaurer le château de la Faye ; ne serait-ce que pour le rendre visitable. 

Sources et photos : La Passion des Châteaux 

dimanche 24 octobre 2010

Château de Parentignat


Déjà cité au 18ème siècle comme l'une des demeures les plus richement meublées de la province, le Château de Parentignat est baptisé par Henri Pourrat, célèbre conteur et écrivain local, "le petit Versailles Auvergnat". Totalement épargné par la Révolution, on y trouve encore une grande partie de son mobilier d'origine ainsi qu'une superbe collection de tableaux du Grand Siècle.

Classé Monument Historique depuis le 5 juin 1972, Parentignat était déjà inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis le 13 avril 1959 (à l'exclusion du portail d'honneur, des deux pavillons et de la balustrade reconstruite au 19ème siècle). La cour d'honneur a conservé l'aspect qu'elle avait au 18ème siècle.


Historique.

Aile sud.
A l'origine, le château était habité par la famille de SOMMIEVRES. C'était alors une maison forte, simple quadrilatère flanqué aux angles de quatre tours. Maximilien de SOMMIEVRES est décédé fin 17ème/début 18ème. Ses descendantes (4 nièces) ne s'entendant pas, la maison reconstruite en 1682 suite à un incendie, étant à nouveau abandonnée et délabrée, de même que le moulin, fut mise en vente et achetée par Jean Antoine de LASTIC, prieur de Bredon, le 23 octobre 1707, pour son neveu François II de LASTIC et sa nièce Marie de la ROCHE AYMONT.

En quelques années, cette batisse fit place à un insolite château, au plan inspiré de Versailles, où l'arkose blonde de Montpeyroux contraste avec les entourages de porte en pierre de Volvic et les toitures de petites tuiles rouges. Des travaux eurent lieu en 1779 pour terminer la façade donnant sur le parc et remanier la disposition intérieure.

François de LASTIC (décédé en 1970) épousa Claude de SAINT GENIS (décédée en juin 1986). Ils adoptèrent Georges de LASTIC (neveu de la branche Saint Jal) dans les années 60 pour leur succéder à la tête de Parentignat. Georges de LASTIC épousa Françoise GOUIN. Leur fils, Anne-François de LASTIC, est depuis le décès de Georges de LASTIC en janvier 1988, le propriétaire actuel de Parentignat avec sa mère.

Architecture.

La façade Est qui donne sur le parc, longue de 56 mètres, a été construite par la famille de LASTIC pour relier l'ancien château (partie Nord du château actuel) aux bâtiments côté Sud et qui formaient les communs. 

Détail toiture de la tour sud.
En janvier 1822, un très gros incendie a ravagé la quasi totalité des toitures du château (alors entièrement couvert à la Mansart) ; pour des raisons de mise hors d'eau et de sécurité, la famille de LASTIC, au lieu de restituer une toiture à la Mansart, décida de relever le mur d'un niveau vertical, d'y poser une génoise et de faire un toit à deux pentes en tuiles creuses lui donnant un aspect très méditerranéen (les tuiles viennent de la région d'Auxerre).

En été, des vases d'Anduze plantés d'agrumes (orangers, citronniers, mandariniers...) sont rajoutés entre les massifs de rosiers de la terrasse Est renforçant l'aspect méditerranéen du château. Les armes de la famille de MATAREL et celles de la famille de LASTIC y sont représentées (Les de LASTIC étant apparentés à la famille de MATAREL par la grand-mère d'Anne-François).

Les pierres, scellées sur le fronton qui orne la façade Est sont restées en l'état, sans avoir été sculptées aux armoiries de la famille de LASTIC et de la famille de la ROCHE AYMONT. Par contre, celles-ci ont été sculptées sur le fronton côté Ouest, identique au fronton Est. Mais la pierre choisie étant une pierre trop tendre et la façade étant exposée aux intempéries, aux vents et aux pluies dominantes, elle s'est érodée et il n'en reste plus que des vestiges. Les encadrements de fenêtres sont constitués d'arkose blonde de Montpeyroux, pierre locale, facile à aller chercher. Tous les murs, recouverts d'enduit, sont construits avec des galets et des morceaux de basalte récoltés autour du château.

On trouve dans le château actuel des éléments datant du 15ème et du 16ème siècles (dont des encadrements de porte, par exemple), les matériaux les plus nobles de l'ancien château ayant été réemployés pour reconstruire).

La façade donnant sur la cour d'honneur fait partie de l'ancien château des SOMMIEVRES ; elle est flanquée d'une tour à chaque extrémité dont une est d'origine, l'autre ayant été construite par la famille de LASTIC pour faire symétrie. La famille de SOMMIEVRES habitait l'aile gauche qui a brûlé lors de l'incendie de 1682.

Intérieurs.

Les communs.
Chaque génération n'a cessé d'enrichir l'exceptionnelle collection d'objets d'art du château de Parentignat. La peinture, la sculpture, le mobilier (des 17ème et 19ème siècles, classé Monument Historique par arrêté du 17 juillet 1962) et les tapisseries y sont représentés par les plus grands artistes de leur temps, dont Nicolas de Largillierre, Alexandre-François Desportes, Carl Van Loo, Hyacinthe Riguad, Elisabeth-Louise Vigée Le Brun, Claude Lorrain, Antoine Coysevox, Pierre Pujet,... 

  * Le vestibule d'entrée, tendu de "verdure d'Auvergne" (tapisserie d'Aubusson) est meublé de chaises à porteur. Ses murs sont recouverts de stuc rappelant le marbre. On peut y admirer un buste en marbre blanc du Grand Condé par Coisevox. Ce buste appartenait aux collections royales avant que Louis XV ne l'offre au Marquis de MARIGNY qui l'installa dans le parc du château de Menars.

  * La salle à manger pavée de dalles de marbre gris de Nonette dont les boiseries Louis XVI, peintes en blanc à l'orgine, ont été décapées à la fin du 19ème siècle. Le mobilier est de style Henri II.

Parc à l'anglaise.
  * Escalier d'Honneur : il fut construit en marbre de Nonette lors des travaux de 1775 et vient d'être restauré. On peut y admirer une scène de chasse de Nicolas DESPORTES, ainsi que des panneaux de LESUEUR.

  * Grand salon Rouge : c'est la pièce la plus riche du château, tendue de damas cramoisi, tandis qu'un lampas cramoisi et blanc de goût Louis XIV recouvre une série de sièges Louis XV en bois redoré. On y trouve une collection de peintures 17ème-18ème, regroupées par Georges de LASTIC.

  * Le salon blanc a conservé son mobilier d'origine.

Orangerie.
  * Bibliothèque : elle a été créée par Jean de LASTIC (mort en 1940) et occupe l'emplacement de trois pièces de l'ancien appartement de la comtesse de LASTIC : la chambre, le boudoir et un petit oratoire détruits à la fin du 19ème siècle. Des rayonnages en acajou, de style Empire, accueillent environ 10 000 livres. La collection est très éclectique (Livres sur les jardins, l'agriculture, l'histoire des peuples, la géographie, l'astronomie, la philosohie...).

C'est également Jean de LASTIC qui a mis en ordre les archives de la famille de LASTIC et écrit son histoire sur une période couvrant pratiquement 8 siècles. Les trois volumes qui la composent sont quasiment introuvables aujourd'hui.

  * Les deux chambres Louis XIV et Louis XV ont également été restaurées par Jean de LASTIC.

  * L'appartement du premier étage : il fut aménagé au début des années 1780, ses deux grandes salles ayant servi, sous Louis XVI, de salle de comédie et de salle de bal.

Le parc. 

La fabrique.
A l'origine, parc à la Française de facture très "provinciale", il offrait, dans la perspective du château, un ensemble dessiné de parterres probablement longés de buis avec des fleurs. Le tout était encadré par une haie de charmes ; à l'emplacement des gros chênes actuels, il y avait un grand bassin, fermant toute la perspective. Le parc est maintenant aménagé à l'Anglaise. En effet, après la Révolution, les revenus de la famille de LASTIC ayant diminué (un grand nombre de fiefs qu'ils possédaient dans la région leur ayant été ôtés), il fut décidé de supprimer tout ce qui occasionnait un entretien considérable. L'étang actuel fut creusé à cette époque ; la terre récupérée a été plaquée contre la terrasse du château ; la balustrade qui se trouvait à l'emplacement des rosiers a été supprimée de même qu'un escalier à double révolution qui permettait de descendre au niveau des jardins à la Française. 

L'eau de l'étang n'est pas prisonnière. Prise sur le béal qui alimentait autrefois le moulin et la citerne, elle ressort à l'extrémité de l'étang dans le "Grand Canal" qui longe la route menant à Sauxillanges et elle rejoint ensuite le cours de l'Eau Mère. A 2,5 kms du château, un barrage appartenant à la famille de LASTIC, à usage exclusif de la propriété, alimente le béal. Celui-ci fut édifié peu de temps après l'achat de Parentignat par la famille de LASTIC et permettait d'alimenter le moulin de façon continue et sûre.

La superficie totale du parc est de 15 hectares (8 hectares de grands prés et 2 hectares et demi de garenne classée aux Monuments Historiques) mais la partie la plus léchée fait environ 2 hectares, auxquels on peut ajouter la cour d'honneur et les alignements de tilleuls, situés à l'extérieur du château, mais qui lui appartiennent. Ils ont été recréés par Georges de LASTIC à la fin des années 1970-début 1980, sur les bases d'un plan de 1770, ces alignements montant, à l'époque, un peu plus haut vers l'entrée du château.

Une fabrique, datant de la deuxième moitié du 19ème, possède un décor intérieur extraordinaire, fait de graines de cèdre, clouées les unes derrière les autres. Ce décor a motivé la rénovation du bâtiment. 

Parc vu de la terrasse.
  * Le Trianon : ce bâtiment, construit en hauteur par rapport au plan général du parc, a été refait il y a douzaine d'années. A l'origine, c'était une citerne d'environ 130 000 m3 d'eau, entièrement close, et approvisonnée par un système de bélier (système à inertie) qui prenait l'eau dans le béal situé en contrebas. Un système de tuyauteries en terre cuite permettait d'arroser le jardin à la Française, le potager un peu au-delà et, en même temps, de remplir les petits et les grands bassins qui se trouvaient dans la perspective du château. Actuellement, le rez-de-chaussée contient une cuisine, une salle à manger, des douches. Les toits étaient Louis XIII, datant probablement du 19ème siècle. A la restauration de ce bâtiment, seuls les murs ont été conservés et la réfection du crépis a permis de dégager des traces de génoises se trouvant sur le pignon de chacune des tours qui étaient des pigeonniers. Le parti a donc été pris d'abandonner la restauration des toits Louis XIII pour recréer ce qui existait probablement au 18ème siècle, une exception architecturale sur la région : un bâtiment à 4 tympans sur chaque tour en chapeau de gendarme.

Le moulin est lié à l'histoire du château sur le plan économique car c'était l'un des seuls moulins qui existait sur la région ; c'est pourquoi le premier travail entrepris par la famille de LASTIC fut de rétablir son fonctionnement. Ensuite, au moment de la Révolution, il a fallu s'adapter un peu aux idées de l'époque et les de LASTIC ont créé, à la demande des révolutionnaires, un atelier de salpêtre. Une dalle de ciment portant l'inscription "Loi et Constitution, atelier de salpêtre' en est encore le témoin de nos jours. A cette occasion, le général de LASTIC perdit sa particule, et la fabrication du salpêtre pour servir la cause révolutionnaire eut lieu dans ce moulin. Un incendie l'a ravagé en 1986. Mr de LASTIC envisage de sauver ce qu'il en reste dans les années à venir.

Parmi les éléments remarquables du parc, on peut citer trois gros chênes plantés après la Révolution et un tulipier de Virgine offert à la famille de LASTIC par l'Impératrice Joséphine. 

Sources et photos : La Passion des Châteaux 
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